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Facture électronique · France

Facture électronique 2026 : auto-entrepreneur, pour qui ?

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, y compris les auto-entrepreneurs en franchise en base de TVA. L’émission de factures électroniques et l’e-reporting s’appliquent depuis le 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et aux ETI, et s’appliqueront le 1er septembre 2027 aux PME et micro-entreprises. Tout passe par une Plateforme Agréée.

Facture électronique 2026 : pour qui ?

La réforme concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France, quelle que soit leur taille. Une SARL de cinquante salariés, une SAS de trois associés et un auto-entrepreneur qui travaille seul depuis son salon sont dans le même périmètre.

Le point qui fait débat concerne la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI). Un micro-entrepreneur en franchise ne facture pas de TVA, mais il reste assujetti à la TVA : il n’en est simplement pas redevable. Être assujetti suffit pour être concerné par l’obligation de réception. La DGFiP, sur impots.gouv.fr, considère d’ailleurs les entreprises en franchise en base comme concernées par la réforme.

Les ventes à des particuliers suivent une logique différente. La facture électronique elle-même ne s’applique pas aux opérations B2C, mais les données de ces ventes et de leurs paiements devront être transmises à l’administration par l’e-reporting, selon le même calendrier que l’émission.

  • Vous facturez d’autres entreprises établies en France : réception depuis 2026, émission électronique selon votre taille.
  • Vous êtes micro-entrepreneur en franchise en base : concerné, comme toute entreprise assujettie.
  • Vous ne vendez qu’à des particuliers : pas de facture électronique pour ces ventes, mais e-reporting à prévoir, et réception obligatoire pour les factures de vos fournisseurs.

Le calendrier : 2026 pour recevoir, 2027 pour émettre

Le calendrier est publié par l’administration sur entreprendre.service-public.gouv.fr. Il distingue deux obligations : recevoir des factures électroniques, et en émettre (avec l’e-reporting). La première vaut pour tout le monde depuis le 1er septembre 2026. La seconde dépend de la taille de l’entreprise.

Tableau de décision
Facturation électronique en France : calendrier en vigueur en octobre 2026

Faites défiler horizontalement pour voir toutes les colonnes.

Facturation électronique en France : calendrier en vigueur en octobre 2026
DateEntreprises concernéesObligation
1er septembre 2026Toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, y compris micro-entrepreneursRecevoir des factures électroniques via une Plateforme Agréée
1er septembre 2026Grandes entreprises et ETIÉmettre des factures électroniques et transmettre l’e-reporting
1er septembre 2027PME, TPE et micro-entreprisesÉmettre des factures électroniques et transmettre l’e-reporting

Auto-entrepreneur : ce qui change concrètement

Prenons une graphiste en micro-entreprise qui facture des agences et quelques commerçants. Depuis le 1er septembre 2026, ses fournisseurs établis en France qui ont déjà basculé, par exemple un grand opérateur télécom ou un fournisseur de logiciels, peuvent lui adresser leurs factures via leur plateforme. Elle doit avoir une Plateforme Agréée pour les recevoir.

À partir du 1er septembre 2027, elle devra elle-même émettre ses factures à ses clients professionnels au format électronique, via sa plateforme. Le devis fait sous Word puis converti en PDF, envoyé par e-mail, ne suffira plus pour ces clients.

Autre cas : un artisan qui vend des bijoux en ligne uniquement à des particuliers. Il n’émettra pas de facture électronique pour ces ventes, mais il devra transmettre les données de ses ventes et des encaissements par l’e-reporting à partir du 1er septembre 2027. Et il doit déjà pouvoir recevoir les factures de ses fournisseurs.

Dans les deux cas, le bon réflexe est le même : choisir maintenant un outil de facturation relié à une Plateforme Agréée, et l’utiliser dès aujourd’hui pour la réception, afin d’arriver prêt en 2027.

Plateformes Agréées (ex-PDP) et PPF : qui fait quoi

Les Plateformes Agréées (PA), autrefois appelées plateformes de dématérialisation partenaires (PDP), sont des opérateurs privés immatriculés par la DGFiP. C’est par elles que les entreprises émettent, reçoivent et transmettent leurs factures électroniques et leurs données d’e-reporting. La liste officielle des plateformes immatriculées est publiée sur impots.gouv.fr.

Le Portail Public de Facturation (PPF) existe toujours, mais son rôle a changé. Sa fonction de plateforme de facturation a été abandonnée en octobre 2024. Il sert désormais d’annuaire des entreprises et de concentrateur des données fiscales. Il ne permet plus d’émettre ou de recevoir gratuitement vos factures : vous devez passer par une PA.

Beaucoup de logiciels de facturation et de comptabilité s’appuient sur une PA. Avant de choisir, vérifiez quelques points :

  • La plateforme figure-t-elle sur la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr ?
  • Votre logiciel de facturation actuel est-il relié à cette plateforme, ou faut-il en changer ?
  • La plateforme gère-t-elle aussi l’e-reporting, pour vos ventes aux particuliers ou à l’étranger ?
  • Les factures reçues sont-elles transmises automatiquement à votre comptable ?
  • Pouvez-vous exporter vos factures et changer de plateforme sans perdre votre historique ?

Formats et nouvelles mentions obligatoires

Une facture électronique n’est pas un simple PDF. C’est une facture qui contient des données structurées, lisibles par une machine. Les trois formats de base généralement cités sont Factur-X (un PDF lisible par l’humain, qui embarque un fichier XML), UBL et CII (Cross Industry Invoice). Certaines plateformes acceptent aussi d’autres formats, comme Peppol BIS ou EDIFACT. En pratique, c’est votre plateforme qui produit le bon format : votre rôle est surtout de saisir des données complètes.

La réforme ajoute aussi des mentions aux factures, en plus des mentions déjà obligatoires. Selon les guides spécialisés, il s’agit de :

  • le numéro SIREN du client ;
  • l’adresse de livraison des biens, si elle diffère de l’adresse de facturation ;
  • la nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux ;
  • la mention « TVA sur les débits », lorsque cette option s’applique.

L’e-reporting : vos ventes aux particuliers et à l’étranger

L’e-reporting consiste à transmettre à l’administration, via votre Plateforme Agréée, des données sur les opérations qui ne passent pas par une facture électronique entre entreprises établies en France. Il s’agit notamment des ventes aux particuliers, des opérations internationales et des données de paiement.

Le calendrier est le même que pour l’émission : depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises. Un commerçant qui vend uniquement en ligne à des particuliers est donc concerné par l’e-reporting, même s’il n’émet jamais de facture électronique.

Sanctions : les montants relevés par la loi de finances 2026

Les sanctions ont été relevées par la loi de finances pour 2026. Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, les montants sont désormais les suivants :

  • Facture non émise au format électronique alors qu’elle devait l’être : 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par an.
  • Défaut de transmission des données d’e-reporting : 500 € par transmission manquante, dans la limite de 15 000 € par an.
  • Absence de Plateforme Agréée pour recevoir vos factures : mise en demeure de 3 mois, puis amende de 500 € ; après une deuxième mise en demeure de 3 mois, amende de 1 000 € ; ensuite 1 000 € tous les 3 mois jusqu’à régularisation.
  • Première infraction : pas d’amende si aucune infraction n’a été commise dans l’année en cours ni les 3 années précédentes, et si l’erreur est corrigée spontanément ou dans les 30 jours suivant la première demande de l’administration.

Que faire maintenant : 6 étapes pour un auto-entrepreneur

La réception est déjà obligatoire et l’émission arrive en septembre 2027. Voici un ordre de marche simple, adapté à une micro-entreprise ou une petite PME.

1. Choisissez une Plateforme Agréée, idéalement via un logiciel de facturation qui y est relié. Vérifiez qu’elle figure sur la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr.

2. Activez la réception dès maintenant et vérifiez que les factures de vos fournisseurs arrivent bien sur la plateforme.

3. Complétez votre fichier clients : SIREN de chaque client professionnel, adresses de livraison quand elles diffèrent de l’adresse de facturation.

4. Adaptez vos modèles de facture : nature de l’opération (biens, services ou les deux), et mention « TVA sur les débits » si elle vous concerne.

5. Si vous vendez à des particuliers ou à l’étranger, demandez à votre plateforme comment elle gère l’e-reporting de ces ventes et des paiements.

6. Supprimez les ressaisies. Si vos ventes passent par une boutique en ligne, un outil de réservation ou un tableur, reliez-les à votre logiciel de facturation. Synelo réalise ce type d’automatisation sur projet, sans remplacer votre plateforme ni votre expert-comptable.

Ce guide est une information générale à jour en octobre 2026, et non un conseil juridique ou fiscal : vérifiez votre situation auprès de votre expert-comptable ou de l’administration fiscale.

Questions fréquentes

Facture électronique obligatoire : 2026 ou 2027 pour mon entreprise ?

Les deux. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L’émission et l’e-reporting s’appliquent depuis le 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et ETI, et au 1er septembre 2027 aux PME et micro-entreprises.

Auto-entrepreneur ou micro-entreprise : suis-je concerné ?

Oui. Un micro-entrepreneur, même en franchise en base de TVA, reste assujetti à la TVA, ce qui suffit pour être concerné. Vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et les émettre à partir du 1er septembre 2027.

Je suis en franchise de TVA : dois-je quand même recevoir des factures électroniques ?

Oui. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA, mais pas d’être assujetti. La DGFiP considère les entreprises en franchise comme concernées, et l’obligation de réception s’applique depuis le 1er septembre 2026.

Qu’est-ce qu’une Plateforme Agréée et comment en choisir une ?

C’est un opérateur privé immatriculé par la DGFiP, autrefois appelé PDP, par lequel vous émettez, recevez et transmettez vos factures et données d’e-reporting. Vérifiez qu’elle figure sur la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr, qu’elle est reliée à votre logiciel de facturation et qu’elle gère l’e-reporting.

Le portail PPF existe-t-il encore ? Puis-je l’utiliser gratuitement ?

Le PPF existe toujours, mais seulement comme annuaire des entreprises et concentrateur des données fiscales. Sa fonction de plateforme de facturation a été abandonnée en octobre 2024. Pour émettre et recevoir vos factures, vous devez passer par une Plateforme Agréée.

Quel format utiliser : Factur-X, UBL ou CII ?

Ce sont les trois formats de base généralement cités. Factur-X est souvent le plus parlant pour une petite entreprise, car il combine un PDF lisible et des données XML. En pratique, votre plateforme génère le format : l’essentiel est que vos données de facture soient complètes.

Quelles sanctions si je ne suis pas prêt ?

Depuis la loi de finances pour 2026 : 50 € par facture non conforme (plafond de 15 000 € par an) et 500 € par défaut d’e-reporting (plafond de 15 000 € par an). Sans Plateforme Agréée pour recevoir, une mise en demeure est suivie d’amendes de 500 € puis de 1 000 €. Une première infraction corrigée rapidement peut être dispensée d’amende.

Je ne vends qu’à des particuliers : suis-je concerné par l’e-reporting ?

Oui. Vos ventes aux particuliers ne donnent pas lieu à une facture électronique, mais leurs données et celles des paiements doivent être transmises par e-reporting, à partir du 1er septembre 2027 pour une micro-entreprise. Vous devez aussi pouvoir recevoir les factures de vos fournisseurs.

Liste de contrôle

  • Choisir une Plateforme Agréée figurant sur la liste officielle de impots.gouv.fr.
  • Activer la réception des factures électroniques et tester avec un fournisseur.
  • Relever le SIREN de chacun de vos clients professionnels.
  • Ajouter à vos modèles la nature de l’opération : biens, services ou les deux.
  • Ajouter l’adresse de livraison quand elle diffère de l’adresse de facturation.
  • Vérifier avec votre comptable si la mention « TVA sur les débits » vous concerne.
  • Demander à votre plateforme comment elle gère l’e-reporting de vos ventes aux particuliers.
  • Supprimer les ressaisies entre votre boutique, vos outils et votre facturation.
  • Noter le 1er septembre 2027 comme date limite pour émettre vos factures au format électronique.

À noter. Ce guide fournit une information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Vérifiez les sources officielles pour votre situation.

Sources officielles

  1. Entreprendre.service-public.gouv.fr — Facturation électronique : calendrier et sanctions
  2. impots.gouv.fr — Je passe à la facturation électronique
  3. Keobiz — Facturation électronique : qui est concerné ?
  4. Espace Auto-Entrepreneur — Ce qui change au 1er septembre 2026
  5. Mon expert en gestion — Facture électronique : toutes les mentions obligatoires

Préparer 2027 sans ressaisie

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